Personnalités autochtones imazighen
L’établissement de ces listes a pour objectif de faire connaître des personnalités autochtones qui sous une forme ou une autre ont fait progresser la reconnaissance au niveau national, intergouvernemental ou international des droits des peuples autochtones. Les personnes peuvent être : des figures éminentes de la lutte pour les droits et la justice, des leaders politiques avisés et reconnus, des négociateurs, des dirigeants d’organisations autochtones, des élus, des artistes, écrivains, poètes, cinéastes, avocats, juristes, universitaires, historiens, enseignants etc
Maroc
ABDELKRIM Khattabi nait vers 1882 à Ajdir. Il est fils de cadi (juge en arabe) du clan Aït Youssef de la tribu de Aït Ouriaghel . Il étudie le Droit à l'Université de Salamanque. En 1919, il retourne à Ajdir et commence à réunir les tribus du Rif dans une République du Rif indépendante. En 1921, tentant d’arrêter Raisuni, un brigand local, les troupes espagnoles approchent des secteurs inoccupés du Rif. Abdelkrim refuse qu'ils franchissent le fleuve Amekrane (Oued) et pose un avertissement qui est ignoré par le général espagnol. Cela conduit les deux camps à une série d’affrontements dont la bataille d’Anoual durant laquelle, avec 3 000 hommes, Abdelkrim parvient en deux jours à vaincre les troupes espagnoles, faisant 16 000 morts du côté de l’Espagne. Depuis la bataille d'Adoua (Éthiopie) en 1896, il s'agit de la première défaite d'une puissance coloniale européenne devant des résistants. En 1922, Abdelkrim proclame la République confédérée des Tribus du Rif, qui est la première république issue d'une guerre de décolonisation. En 1924, l'Espagne retire ses troupes dans ses possessions le long de la côte marocaine. La France décide de reprendre en main la région, et à partir de 1925. La France et l’Espagne sortent vainqueurs du conflit. Abdelkrim se rend aux Français comme prisonnier de guerre, demandant à ce que les civils soient épargnés. Mais dés 1926, des avions munis de gaz moutarde bombardent des villages du Rif, faisant 150 000 morts civils. A sa mort, le président égyptien Nasser lui accorde des funérailles nationales.
AHERDANE Mahjoub, un militaire, une personnalité berbériste, un poète et peintre marocain. Fondateur en 1957 avec Abdelkrim al Khatib du Mouvement populaire, un parti défendant la cause berbère. AZAYKOU Ali, appelé également Dda Ali, était un écrivain, poète, historien et intellectuel berbère marocain. Il fut l’un des militant de l’amazighité les plus éminents au Maroc. Il a grandement influencé les mouvements culturels berbères. En 1979, avec Abdelhamid Zemmouri, il fonde l’association Amazigh. En 1981, la revue Amazigh publie un article devenu célèbre d’Ali Azaykou, dans lequel il défend l’importance du fait berbère dans l’histoire du Maroc. Devenue le premier intellectuel à remettre en cause l’historiographie officielle marocaine, il est arrêté et condamné en 1982 pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », et passe un an au pénitencier de Rabat. Il écrit ensuite de nombreux poèmes en langue Tamazight et publie des ouvrages, notamment sur la place de l’identité berbère dans l’histoire et la culture de l’Afrique du Nord. En 2003, il devient membre du Conseil administratif de l’IRCAM. Il décède en septembre 2014.
BOUKOU Ahmed est un linguiste et sociologue amazigh marocain. Né en 1946 dans les environs de Tiznit. Il suit un cursus à base de lettres, d’histoire et de pédagogie. En 1967, il participe avec des militants amazigh de la première heure (Brahim Akhiat et Ali Azaykou) à la fondation de la première grande association marocain s’intéressant exclusivement à la culture amazighe, l’Association Marocain de Recherches et d’Echanges Culturels (AMREC). Il soutien à Paris une thèse, devenant le premier locuteur amazighophone à soutenir une thèse dans sa langue maternelle. En 2002, il participe activement à la mise sur pied de l’IRCAM dont, après le départ de Mohamed Chafik, il devient le recteur.
BOUNFOUR Abdallah est né en 1946 dans une famille originaire des Igliwa, tribu du Haut-Atlas. C’est un écrivain et chercheur de formation linguistique et sémiotique, professeur de langue et de littérature berbère à l’INALCO , puis à l’université de Rabat, et à l’université de Bordeaux III. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Anthologie de la poésie berbère traditionnelle, Langue et littérature berbère
BOUYAAKOUBI Lahoucine, né en 1974 à Tarrast (Agadir). Après l'obtention d'une Licence en histoire à l'université Ibn Zohr d'Agadir, il émigre en France en 2002, pour préparer un DEA à l'université de Paris 8. A partir de 2006, il prépare une thèse de Doctorat en anthropologie à l' EHESS qu'il obtient en 2012. Il publie, en 2009, son premier ouvrage intitulé " Mohamed Chafik, l'homme de l'unanimité, parcours d'une figure emblématique de la revendication amazighe au Maroc". Il enseigne la langue amazighe à l'Inalco.
CADI Kaddour est né en 1952. Il fut docteur d’Etat en linguistique amazighe de l’Université de la Sorbonne.
CHAFIK Mohamed, est né en 1926. Homme de lettres et intellectuel berbère marocain. Il est membre de l’Académie Royale du Maroc, ancien recteur de l’IRCAM, spécialiste de la langue et de la littérature arabe et berbère, il est l’une des grandes personnalités du Mouvement Culturel berbère. Refusant de lier les revendications berbères et celles politiques, préférant une lutte intellectuelle, sa position lui a permis d’obtenir une certaine audience, tant dans les milieux berbèristes que dans la classe dirigeante. Il a ainsi tenté d’oeuvrer à la reconnaissance de la « spécificité berbère » de l’identité marocaine - identité défendue donc dans sa diversité.
CHARQI Mimoun est né à Melilla en 1956. Auteur de plusieurs livres de droit et d’histoire. Après une formation de base en sciences politiques, il soutien en 1986 une thèse de doctorat d’Etat en droit. Analyste politique et juridique, il est aussi président de la Commission scientifique du Groupe de recherche sur guerre chimique contre le Rif.
EL-HOUSSAIN El- Moujahid est docteur d'État ès lettres, enseignant-chercheur spécialiste de linguistique, dialectologie, littérature et tradition orale. Il a notamment co-écrit : « Civilisation marocaine, arts et cultures » HANDAINE Mohamed est né en mai 1958. Historien ayant publié de nombreux articles sur l’histoire et la culture amazigh. Il est le président de la confédération des organisations amazigh du Sud marocain (Tamunt N’Iffus), membre fondateur du Congrès Mondial Amazigh (CMA), il a représenté aussi la région Nord africain à l’IPACC (Coordination des Peuples Autochtones d’Afrique). Il a publié plusieurs ouvrages dont 1993 : L’Afrique du Nord, études sur l’histoire et la culture; 2002 : L’introduction de l’Amazigh dans le système éducatif marocain.
ID BALKASSM Hassan est originaire du Souss. Avocat de formation, vice président de l’association Tamaynut (« Nouveauté »). Il a été expert auprès des Nations Unies sur les peuples autochtones africains. Il a été membre du premier Conseil d’Administration de l’IRCAM.
LAKHASSI Abderrahmann, professeur au sein du département de Philosophie de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines - Université Mohammed V, Agdal de Rabat. Ses domaines de recherche sont la pensée et civilisation islamiques et l’anthropologie socio-culturelle (Littérature Berbère). Il notamment publié : « Amazighité et question identitaire » dans Cahiers de recherche du Centre Jacques Berque (Actes des deuxièmes Rencontres d’Anthropologie du Maghreb), UMS CNRS n° 2554, n°3, Rabat 2005 ; « Amazighité et production culturelle » dans Usages de l’identité Amazighe au Maroc, Casablanca, al-Najah El-Jadida, 2006 ; « Pourquoi la langue première des juifs berbères n’est pas amazigh ? » in Marocco Oggi (Morocco Today), edited by Paola Gandolfi, publié par l’université Ca’ Foscari Di Venezia (Italy), 2007.
RACHIk Hassan est né en 1954. Anthropologue, professeur à l’université Hassan II de Casablanca. Professeur visiteur dans des universités américaines, françaises et arabes, il a consacré ses premières recherches de terrain aux changements sociaux en milieu rural. Parmi ses publication, il y a en 2005 : Usages de l’identité amazighe au Maroc; en 2003 : Symboliser la nation. Essai sur l’usage des identités collectives au Maroc; en 2000 : Comment rester nomade?
RAHA Rachid est un journaliste professionnel et éditeur du journal Le Monde Amazigh. Chercheur autodidacte en anthropologie politique des sociétés Nord africaines et plus particulièrement amazigh. Membre fondateur en 1995 du Congrès Mondial Amazigh (CMA) TABAAMRANT Rayssa Fatima naît en 1963 à Bougafer, dans la tribu Idaw Nacer, qui fait partie de la confédération des tribus Ayt Baamran (région de Haut-Atlas, Maroc). Elle ne fréquente pas l'école, travaille aux champs et au foyer et se prépare comme les autres fillettes, à un avenir d'épouse et de mère. Elle quitte son village natal, pour chanter et accompagner comme choriste des rways tels que Raïs Jamaâ El Hamidi, Raïs Saïd Achtouk et Raïs Lhaj Mohamed Demsiri. Son statut de rayssa s’affirme et elle quitte le rôle de choriste pour tenter sa chance comme chanteuse professionnelle. Alors que les femmes étaient traditionnellement choriste ou de danseuse, elle est la première femme à avoir fondé et présidé sa propre troupe, ainsi qu'à chanter ses propres poèmes. Elle évoque peu les sujets sentimentaux et aborde ceux de la condition féminine, de la revendication des droits culturels berbères, de la critique social et moral, etc. Elle se veut engagée, dans la continuation de la parole berbère porteuse de sens, awal llma'na, où la versification est un acte responsable et respectueux de la tradition.
Algérie
AÏT CHALLAL est un chanteur kabyle, combattant pour la reconnaissance de sa culture, il pourfend la chanson moderne algérienne occidentalisée ou le rai, fortement en vogue dans les pays du Magreb.
AÏT HAMED Hocine, nait en 1926dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Militant lors de la guerre d'indépendance algérienne. Il assiste à la première Conférence des partis socialistes asiatiques, en 1953, qui soutient la lutte de libération du Maghreb. Elle met en place un bureau anti-colonial dont le rôle est de suivre les luttes anti-coloniales auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU). Hocine se rend au Pakistan, en Inde et en Indonésie pour créer des comités de soutien à la cause de l'indépendance algérienne. En octobre 1956, Aït Ahmed est arrêté par les autorités françaises. Tout au long de sa détention, il communique avec les dirigeants du FLN-ALN et en appelle à la création d’un gouvernement provisoire en exil. Lors de la crise de 1962, il démissionne dudit Gouvernement provisoire, et en 1963, il fonde le Front des forces socialistes (FFS), qui réclame le pluralisme politique face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du Parti unique. La répression qui s’abat sur la Kabylie n’épargne pas les militants politiques actifs sur l’ensemble du pays avec pour but de présenter le FFS comme un mouvement séparatiste. Le FFS crée des maquis de résistance face aux troupes de Boumédienne, lesquelles font répression ; le bilan s'élève à plus de 400 morts du côté kabyle. Arrêté en 1964, Hocine Aït Ahmed est condamné à mort, puis gracié. Le président Ahmed Ben Bella décide d'entrer en négociation et FLN (Parti unique) et FFS parviennent à un accord. Trois jours plus tard (le 19 juin 1965), un coup d’État perpétré par Boumédienne met fin à toute possibilité de pluralisme politique. Lors du « printemps berbère » (1980), il joue un rôle modérateur d'encadrement politique des militants afin d’empêcher la violence et d'inscrire la revendication linguistique et culturelle au programme. En 1999, il se porte candidat à l’élection présidentielle mais se retire la veille du scrutin pour dénoncer la fraude qui intronisera Abdelaziz Bouteflika.
AÏT IZARA Bélaïd, écrivain de langue kabyle plus connu sous le nom de Belaïd At-Ali, est né en 1909 et mort en 1950. Originaire de Azru Uqellal (près de Michelet – Aïn El Hammam), il est l’un des premiers écrivains de langue kabyle. Initié et encouragé par J-L. Degezelle, des "Pères Blancs", Belaïd, il commence par transcrire des récits oraux traditionnels. Très vite, il se met à composer lui-même, décrivant les scènes de la vie quotidienne villageoise, réécrivant sa propre version des contes. AÏT MENGUELLET Lounis est un poète et chanteur kabyle. Algérien d'expression berbère, né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas, village niché dans les chaînes montagneuses du Djurdjura dans la région de Haute Kabylie. Il est certainement l'un des artistes les plus populaires de la chanson berbère contemporaine, un poète qui est devenu l'un des symboles de la revendication identitaire berbère.
AKLI HADDADOU Mohand est né dans la tribu des Aït Waghlis. A l'âge de quatre ans, avec ses parents, il quitte son village pour Alger, fuyant les exactions de l'armée coloniale française. Au cours d'un bombardement, il est blessé et perd une jambe. Après des études primaires, il s'inscrit au lycée Emir-Abdelkader d'Alger. Il obtient son baccalauréat en Algérie, puis son Bac français. Il obtient une licence en littérature, suivie d'une thèse et d'un doctorat de linguistique berbère. Il enseigne en lycée, avant de rejoindre le département de langue et culture amazigh de l'université de Tizi Ouzou, dés sa création, au début des années 1990. Il a publié plusieurs ouvrages ayant trait à la langue amazigh, l'islamologie et la didactique dont le Guide de la culture et de la langue berbères, Alger, ENAL en 1994, le Guide de la culture berbère en 2000, Les berbères célèbres, en 2003 et L'apport des Berbères à la civilisation universelle, Alger en 2002
ALICHE Rachid est un physicien de formation. Il s’est rapidement tourné vers les sciences humaines (ethnologie, sémiologie) afin de pouvoir servir de façon approfondie sa quête de la participation à la vitalisation savante de sa langue : le kabyle. Cet écrivain de haute Kabylie s’est distingué par un engagement dans la mise en place d’un dispositif extra institutionnel, offrant à l’enseignement du berbère des possibilités de concrétisation.
ALI YAHIA Rachid ( ou Mohand Sid ) est né à Bordj Menaïel, en Kabylie, en 1928. Il étudie le droit à l’université de Dijon. Il s’inscrit au Barreau National d’Alger, puis tente de rentrer au Barreau de Paris, où il devient le premier avocat algérien. Il milite au sein du Parti du Peuple Algérien (PPA). Pendant la guerre de libération du pays, il soutien la cause amazigh, parallèlement à sa lutte au sein du Front de Libération Nationale (FLN). Après l’indépendance, il s’oppose à la politique d'arabisation, et à l’attaque de la Kabylie. En 1976, il crée le Front Uni de l'Algérie Algérienne (FUAA), dont les fondements sont résumés dans le Manifeste de l'Algérie Algérienne. En 2002, il crée le Rassemblement pour une Algérie Algérienne Fédérale (RAAF) en remplacement du FUAA.
ALI YAHIA Abdennour, né en 1921 dans la commune et tribu d'Aït Yahia, wilaya de Tizi Ouzou, en Algérie. Il devient instituteur. En 1943, il est mobilisé par les alliés qui ont repris l'Algérie au régime de Vichy. En 1945, Il adhère au Parti du peuple algérien mais le quitte lors de la crise berbère de 1949. Il rejoint le FLN en 1955. En 1956, il est arrêté et libéré en 1961. Après l'indépendance, il est élu député de la Wilaya de Tizi Ouzou. En 1963, il rejoint la rébellion de Hocine Aït Ahmed et se rallie ensuite à Ahmed Ben Bella.
ALLIOUI Youcef, est un écrivain kabyle ayant fréquenté le Groupe d’Etude et de Recherches Berbères de Vincennes et préparé un doctorat en sociologie. Son oeuvre est centrée sur le conte et la littérature orale kabyle. Il a publié de nombreux ouvrages bilingues.
AMROUCHE Fadmah Aït Mansour, née en 1882 à Tizi Hibel en Algérie - morte en 1967 en France), mère des écrivains Jean Amrouche et Taos Amrouche, était une écrivain-poète algérienne d'origine kabyle. Elle entreprend en 1930 avec ses deux enfants l’écriture et la traduction en français de chants berbères conservés jusque là par la tradition orale. Elle compose elle-même des poèmes et des contes qui sont mis à l’honneur dans les Chants berbères de Kabylie de Jean Amrouche (publiés en 1939). En 1968, son autobiographie Histoire de ma vie est publié à titre posthume dans lequel elle dépeint le combat de la femme kabyle du XXe siècle, sa place entre la Kabylie, sa langue, ainsi que la langue de l’empire coloniale dans la société kabyle.
AMROUCHE Jean, un poète, essayiste et journaliste littéraire algéro-français d'expression française. Né le 6 février 1906 en Algérie, à Ighil Ali, au sein d'une famille berbère christianisée, il est décédé le 16 avril 1962 en France, à Paris. Il est le fils de Fadhma Aït Mansour Amrouche et le frère de la femme de lettres Taos Amrouche. Il a publié de nombreux ouvrages de poésie.
AMROUCHE TAOS, Marie Louise, artiste algérienne, écrivain d'expression française et interprète de chants traditionnels berbères. Taos Amrouche a participé à la fondation de l'Académie berbère de Paris en 1966. Son premier roman, Jacinthe noire est publié en 1947. Son oeuvre littéraire, au style très vif, est largement inspiré de la culture orale dont elle est imprégnée, et de son expérience de femme. Parallèlement à sa carrière littéraire, elle interprète de nombreux chants amazigh qu’elle tient de sa mère.
AZEM Slimane, poète et chanteur algérien de musique kabyle, né en 1918 à Agouni Gueghrane, sur les contreforts des monts du Djurdjura, et est décédé en janvier 1983 à Moissac (France). Il est mobilisé, lors de la « drôle de guerre », à Issoudun. En 1944, il est déporté par les Allemands et est libéré en 1945. Retourné en Algérie, il est menacé de mort à l'indépendance de celle-ci, ce qui le contraint à s’installer en France. À Paris, il décroche la gérance d'un café dans le 15e arrondissement. Il en profite pour y interpréter ses premières compositions. Il enregistre un premier disque avec le morceau « A muh a muh ". Traitant du mal du pays, ses disques s’arracheront chez Madame Sauviat, l'unique disquaire qui vend à cette époque des albums d'artistes maghrébins et orientaux. Au cours des années 1970, il chante « Algérie, mon beau pays » et « Carte de Résidence ». Au fil des enregistrements, Slimane Azem conquiert un large public communautaire. Il puise dans le patrimoine berbère et «fait parler» les animaux, pour critiquer de manière métaphorique la politique . En cela il marque une fidélité au caractère traditionnellement contestataire de la poésie kabyle.
BEN HAMADOUCHE Mohamed alias Ben Mohamed, naît au village de Tikidout dans la commune d'Ouacifs, en 1944. En 1958, ses parents s'installent définitivement à Alger. D’abord financier, il devient poète, animateur de radio, parolier. Il est l’auteur de chansons interprétée par Idir parmi lesquelles : "A vava inouva " comme il a fait la gloire des dizaines d'autres chanteurs tels que Matoub Lounès, Nouara, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid. Il est l’auteur des poèmes : Yema, jeddi, Vava inouva. BESSAOUD MOHAND AARAV 51924-2002), militant nationaliste algérien lors de la guerre d'Algérie et l'un des principaux idéologue du Berbèrisme. Il fut notamment l'un des fondateurs et le principal dirigeant de l'Académie berbère (Agraw Imaziɣen). Par ailleurs, il est l’auteur de chants patriotiques.
BOUDAREINE Mahmoud , psychiatre et docteur en sciences bio-médicales.
BOUGUERMOUH Abderrahman, kabyle né à Ouzellaguen en 1936 et mort Alger en 2013. Son père est instituteur et sa mère est au foyer (analphabète). Il effectue ses études secondaires à Sétif où il assiste aux événements de 1945. En 1960 il entre à l'IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques) pour devenir réalisateur. En 1963 il rentre en Algérie pour cofonder le Centre national du cinéma algérien. En 1964 il en est exclu pour ses idées. Il adapte en 1965 un texte de Malek Haddad pour en faire un moyen métrage en langue berbère nommé « Comme une âme ». Cette œuvre est refusée par la Commission de censure, qui dépend alors du ministère de la Culture, car le film n’est pas tourné en langue arabe. Il retourne à Paris pour adapter le film en langue française mais là aussi il essuie un échec puisque les bandes lui sont confisquées puis détruites. Entre 1965 et 1968 il livre quelques documentaires et se rapproche de berbéristes tels que Mohand Saïd Hanouz, Marguerite Taos Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Batouche et Mohand Arab Bessaoud. En 1973, il est l'assistant réalisateur de Mohamed Lakhdar Hamina sur Chronique des années de braise.
BOULIFA Si A. Saïd, né en 1863 à Adeni près de Tizi Ouzou et mort en 1931 à Alger. Orphelin très jeune, son oncle le fait scolariser à Tamazirt, la toute première école ouverte en Kabylie (1875). Un établissement qui formera de nombreuses générations au savoir moderne. Instituteur formé à l’école normale de Bouzareah dans les années 1890, il devient par la suite linguiste, sociologue et historien (notamment à la Faculté des Lettres d'Alger). Il s’insurge contre les conclusions du général Adolphe Hanoteau (qui faisait partie de la vaste conquête de la région engagée par les forces d’occupation françaises à partir de 1857) sur la société kabyle à travers son ouvrage d’analyse poétique intitulé : Les chants populaires du Djurdjura.
CHAKER Salem, universitaire algérien, docteur en lettres, spécialiste de linguistique berbère, est professeur des universités de berbère à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) de Paris depuis 1989. Il a créé en 1990 le Centre de Recherches Berbères « André Basset » (INALCO). Il a rejoint en 2008 l’Institut de Recherche sur les Mondes Arabe et Musulman d’Aix en Provence. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et nombreuses études de linguistique et socio linguistique berbère. Il dirige l’Encyclopédie berbère.
CHALA Samia, née en 1964, à Alger. Après des études d'ingénieur, elle quitte l'Algérie en pleine guerre civile et arrive en France en 1994. Elle est d'abord assistante de production, puis journaliste enquêtrice sur de nombreuses productions documentaires. Elle réalise depuis sept ans ses propres films. Ces documentaires sont axés sur l'Algérie, les femmes, l'exil et plus généralement des phénomènes de migration du Sud vers le Nord. Elle travaille aussi comme journaliste et comme auteur pour la série Algérie(s), pour la Nhk et pour Channel 4.Parmi ses réalisations : en 2013, « Les Marcheurs, chronique des années beurs », en 2004, « Temps des femmes dans la ville », en 2003, « Kabylie, au cœur de la révolte », en 2000, « Les oiseaux chantent encore à la Casbah »
. CHERIET Hamid (dit IDIR), né en 1949 en Algérie, dans le village d'Aït Lahcène, dans la commune actuelle de Beni, Yenni en Grande Kabylie, est un chanteur, auteur-compositeur-interprète de musique kabyle. Il ne se destinait pas à la chanson. Son nom d’artiste signifie d’ailleurs en berbère « il vit », nom traditionnellement donné à un enfant né difficilement. Un de ses premiers titres A vava inuva devint rapidement un tube planétaire dans les années 1970. L’oeuvre d’IDIR a contribué au renouvellement de la chanson amazigh et a apporté à la culture berbère une audience internationale.
EL HASNAOUI Cheikh, un musicien de chaâbi algérien. Son nom d'emprunt se réfère à sa région natale l'Aarch des Ihassenaouen (Iḥesnawen), confédération des Ait Aïssi, où il naît le 23 juillet 1910. Il décéde à Saint Pierre de la Réunion le 6 juillet 2002. Orphelin de sa mère à deux ans, il est élevé par sa famille. L'enfant grandit dans le climat de la culture des zaouias, il fréquente le timaâmrin. Il quitte le village natal vers 1930 pour Alger pour travailler. Il habite rue Mogador, à la Casbah, et participe à l'orchestre de Hadj M'hamed El Anka. Sa première chanson " A yema yema ", composée en 1936, est une complainte pour les déracinés. De 1939 au début des années 1950, avant le déclenchement de la Guerre d'Algérie, il produit l'essentiel de son répertoire composé de 29 chansons Kabyles et de 17 en arabe algérien.
FERKAL Masin est enseignant, militant berbèriste et président de l’association Tamazgha HAROUN Mohamed, né le 13 avril 1943 à Tifrit, Akbou (Béjaia), mort en 1996, est un des premiers militants pour la cause berbère en Algérie., défenseur de la langue et de la culture de ce peuple. Il crée l'Organisation des Forces Berbères (OFB) ainsi que la revue « Athmaten » (« les Frères ») liée à ce mouvement. Le 3 janvier 1976, avec Hocine Cheradi, il pose deux bombes respectivement dans les locaux du journal Moudjahid et dans le tribunal militaire de Constantine. Arrêté et enfermé 11 années en prison, il y passe l’essentiel de son temps à étudier la linguistique berbère. Il écrit plusieurs poèmes dont le Chemin de la liberté et Monsieur le Président, que Lounes Matoub a reprit en chanson.
KHELLIL Mohand, professeur de sociologie à l'université de Montpellier-III, directeur du département de sociologie de cette université. Lauréat de la faculté de droit et des sciences économiques, maitrise en ethnologie, doctorat en sociologie. il a publié entre autres deux ouvrages : L’exil kabyle : essai d’analyse du vécu des migrants et La Kabylie ou l’ancêtre sacrifié.
LAIMECHE Ali , nait en 1925 à Icherâiwen. Il fréquente le collège à Tizi-Ouzou. Il est militant berbéro-nationaliste, c'est-à-dire combattant à la fois contre le colonialisme français, et pour la cause amazigh. Souhaitant devenir enseignant, son admission au lycée l'encouragé à continuer ses études secondaires. A cette époque, il milite au sein du P.P.A. (Parti du Peuple Algérien), alors unique parti politique indépendantiste. Sous couvert de scoutisme, il constitue une organisation de militants indépendantistes (sensibilisation, recrutement, organisation, animation, création et traduction de chants révolutionnaires en kabyle) qu’il a essaime à travers la Kabylie. Par ailleurs, Laïmèche Ali a également œuvré à la réhabilitation de ses ancêtres Amazigh. Suite aux massacres du 8 mai 1945 à la suite desquels il décida de prendre le maquis en compagnie d’une poignée de ses camarades de lycée. Il est alors chargé par le Parti du recrutement et de la formation politique et para militaire de centaines de jeunes en Kabylie. Atteint de tuberculose, il décède le 6 août 1946 à Ait Zellal, à l’âge de 21 ans. Son nom a été occulté en parti à cause du régime islamo-baathiste, qui faisait alors l’impasse sur tout ce qui relevait de l'amazighité en général et du kabyle en particulier.
LALAOUI Medhi est écrivain et réalisteur de films touchant à l’histoire de l’Algérie. Les massacres de Sétif, un certain 8 mais 1945 a reçu, en 1995, le Grand prix (catégorie événement politique) du Festival international du scoop et journalisme d’Angers. Il s’intéresse également à l’histoire de l’immigration en France et à celle de la déportation de Kabyles en Nouvelle-Calédonie. Il a écrit des livres sur les émigrés en France.
LALAMI Youcef est cinéaste . En 2009, il réalise : "Lounès Matoub, la voix du peuple" LOUNES Belkacem est docteur en économie, professeur à l’université de Stendhal de Grenoble. Il a notamment été président du Congrès mondial des Amazigh. Il tente de promouvoir les droits de ce peuple présent dans une dizaine de pays d’Afrique du Nord, mais également en Europe via l’immigration.
LOUNOUACI Mouloud est un socio linguiste et titulaire d’un magistère en langue et culture amazigh. Militant et co-fondateur du Mouvement culturel berbère et du Congrès mondial Amazigh.
MAMMERI Mouloud est né le 28 décembre 1917 dans le village de Taourirt-Mimoun dans la commune actuelle de Beni Yenni en Kabylie et décédé le 26 février 1989. Ecrivain, poète, anthropologue et linguiste algérien kabyle. En 1882, il fonde à Paris le Centre d’Etudes et de Recherches Amazigh (CERAM) ainsi que la revue Awal (La Parole) et anime également un séminaire sur la langue et la littérature amazigh sous forme de conférences complémentaires au sein de l’EHESS. Il reçoit en 1988 le titre de docteur honoris causa à la Sorbonne.
MATOUB Lounes est né le 5 mars 1956 à Taourirt toussa (Algérie) et est assassiné le 25 janvier 1998 à Thala Bounane. Chanteur, parolier et compositeur de musique kabyle, il a été militant de la cause identitaire Amazigh en Algérie et son rôle a été immense dans la popularisation de celle-ci. Il fut aussi à la pointe du combat pour la démocratie et la laïcité en Algérie.
MEHENNI Ferhat est né le 5 mars 1951 au village de Maraghna de la commune d’Illoula Oumalou, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en Kabylie. Homme politique et chanteur algérien, il est fondateur du Mouvement pour l’Autonomie et la Kabylie (MAK) et assume les fonctions de président du gouvernement provisoire kabyle (GPK) créé en 2010. En avril 1980, il est l’un des artisan du Printemps berbère de Tizi-Ouzou. En 1985, il est parmi les fondateurs de la ligue algérienne des droits de l’homme. Il a été le principal artisan du boycott scolaire déclenché en mars 1994 par le Mouvement Culturel berbère qui abouti une année plus tard à la mise sur pieds par le pouvoir algérien du Haut Commissariat à l’amazighité.
MOHAND ou IDIR AÏT AMRANE est né en mars 1924 au village Takidount (Ouacifs), en Kabylie et mort en 2004 à Alger. Il rejoint le lycée Bugeaud d’Alger où il rencontre des condisciples tels que Hocine Aït Ahmed et Amar Ould Hamouda. Par la suite, ils formeront ensemble le noyau actif des militants kabyles du mouvement national qui se bat pour la reconnaissance de la dimension amazigh du peuple algérien. Il écrit en 1945 " Ekker a mmis oumazigh » (« Debout fils d’Amazigh »), chant patriotique amazigh algérien. militant nationaliste algérien durant la guerre d’Algérie et grand défenseur de la culture berbère.
MOHAND Ouyahia (ou M'HAND) est né entre 1840 et 1845 à Icheraiouen, l’actuelle Larbaa Nath Iraten et mort le 28 décembre 1905 à Ain El Hammam. Poète et philosophe kabyle, son œuvre est inspiré de sa propre vie. Il assiste, enfant, à l’arrivée des troupes françaises du général Randon en Kabylie et à la destruction de son village à la place duquel est édifié Fort national. Suite à la révolte de 1871 durant laquelle son père est exécuté et son oncle déporté dans le Pacifique, Mohand devient poète errant, empruntant les thèmes de l’exil et de l’amour de sa terre natale. Les Isefra ont été publiés sous forme de recueils à plusieurs reprises.
MOHIA Abdallah, plus connut sous le nom berbère MUHIA est né est 1950 à Azazga (Algérie). Dramaturge, conteur, parolier et poète kabyle prolifique. Fondateur du théâtre d’expression kabyle, il a consacré plusieurs années de sa vie à traduire et à adapter des poèmes, chansons et oeuvres théâtrales. Il est décédé en décembre 2004.
NAÏT SID Kamira présidente de l’Association de femmes de Kabylie, vice présidente du CMA pour l’Algérie, également connue pour son engagement au sein du MAK et son soutien au président de l’Anavad.
N’SOUMER Lalla Fadhma est née en 1830 en Haute Kabylie, Son père est chef d'une école coranique liée à une zaouïa, de la confrérie Rahmaniya de Sidi M'hamed Bou Qobrine. En 1847, elle commence à participer à la résistance dans la région. Au début des années 1950, les troupes du maréchal Randon attaquent les Aït Iraten. Fatma appelle ses troupes à lutter pour la liberté et à faire un ultime effort pour battre l'ennemi, mais les combats sont perdus. Elle est accueillie chez Si Tahar Ben Mahieddiene, un notable de la région de Tablat, où elle trouve refuge dans la zaouïa de Sidi Ali Boumâali, à Tourtatine, près de Tablat (à 100 km à l'est de Médéa, dans la commune d'EI-Aïssaouia). Elle est arrêtée le 27 juillet 1857 dans le village de Takhlijt Ath Atsou, près de Tirourda, et incarcérée. Placée ensuite en résidence surveillée à Béni Slimane, elle y meurt en 1863, à l'âge de trente-trois ans.
OUBACHIR Hadjira née en Haute Kabylie. Elle rédige son premier poème à l'âge de douze ans. Poète, enseignante en langue française et animatrice sur la chaîne II de la radio nationale pour l'émission «Voix de femmes». Elle collabore pour le journal 'la Dépêche de Kabylie', dans la rubrique les arts du monde. Elle joue un rôle au cinéma dans le film Machahu, long métrage d'expression amazighe réalisé par Belkacem Hadjadj. Des musiciens interprètent ses textes, tels que Jura du groupe de femmes Djurdjura et l'artiste Menad. Elle écrit une pièce de théâtre en vers et en musique, "uzzu n tayri", jouée en Algérie et au Maroc. Elle participe à de nombreux festivals de poésie en Algérie et en France. Elle a édité un recueil de poésie kabyle-français intitulé "Tirga n Tmes-Rêves de feu", paru aux éditions Achab.
OUERDANE Amar est un Canadien d'origine kabyle, né en 1945. Après des études techniques à Tizi-Ouzou et à Alger, il devient technicien-radio à l'aéroport d'Alger, puis à celui de Tamanrasset. Exilé en Europe en 1968, il milite au sein de l'Académie berbère de Paris. Après un séjour en Suède, il émigre au Canada en 1969. En 1975, il fonde la première association berbère sur le continent américain. Parallèlement à ses activités professionnelles (technologue en électricité), il passe une maîtrise en sciences politiques à l'UQAM, et il a enseigne le français aux immigrants.,Il est l'auteur de "La question Berbère".
OU KACI Youcef naît dans les années 1680, au sein de la tribu des At Jennad, dans le village d'Ait Gouaret Grande Kabylie. Il est l'auteur de nombreuses compositions poétiques. Voyageant à travers la Kabylie, ses textes servent de témoignage de son époque. portant un regard parfois manichéen, les péripéties de ces contemporains. De sa poésie transparaît donc la société kabyle de l’époque ; droits coutumiers, code de l’honneur, ou encore identité et guerre tribale. Il porte le titre d'amusnaw (sage savant) et bénéficie ainsi d'une large audience auprès de la population. Il peut donc jouer le rôle d’intermédiaire, et aurait ainsi permis de mettre fin au conflit tribal opposant sa tribu et celle des At Yenni. Il meurt dans la deuxième moitié du xviie siècle.
REDJALA Mbarek est né en 1929 aux Ouadhias en Kabylie. Il émigre en France pour travailler comme ouvrier, puis reprend ses études. En 1962, il obtient l'agrégation d'arabe et le diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris. Il est également titulaire d'un diplôme de berbère obtenu en 1958 à l'Institut des Langues Orientales, où il est l’élève d’André Basset et de Lionel Galand. Il fait toute sa carrière au CNRS. Ses travaux portent sur la littérature orale berbère et Ibn Khaldoun. Il est responsable des enseignements de berbère à l’Université de Vincennes de 1972 à 1977 et directeur de la publication « Bulletin d’études berbères », suite à la médiatisation relative à la création de la mission berbère au ministère de l’éducation nationale (Desco).
SAADI Saïd , est né le 24 août 1947 à Aghribs, dans une famille de paysans pauvre. En 1966, au lycée, il refuse d'arabiser une pièce de théâtre. En 1968, étudiant en médecine à l'université d'Alger, il milite en faveur du renouveau culturel (théâtre, émissions de radio, activités syndicales et culturelles). En 1978, voulant étendre l'action culturelle au champ politique, il rentre au Front des Forces Socialistes (FFS). Il participe à la grève générale qui paralyse toute la Kabylie le 16 avril 1980. Muté en 1981 à Khenchela dans l'Aurès, il refuse de rejoindre son poste. Pendant un an et demi, il est sans travail et sans salaire; il finit par reprendre ses fonctions en 1982. La même année, il publie un roman en langue berbère intitulé "Askuti". En désaccord avec la ligne et la pratique du FFS, il quitte le mouvement et anime une revue semi-clandestine Tafsut. Membre fondateur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme le 30 juin 1985, il est arrêté le 21 août et condamné à trois ans de prison en décembre 1985, et libéré en avril 1987 par grâce présidentielle. En novembre 1988, il appelle à l'organisation des assises nationales du Mouvement Culturel Berbère, qui se déroulent quelques jours avant l'adoption de la nouvelle Constitution consacrant le multipartisme. Au terme de ces assises tenues en février 1989, nait le parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) dont il devient le secrétaire général. Après le premier tour des législatives de 1991 et devant le « raz-de-marée » du parti Front islamique du salut, il se prononce pour l'interruption du processus électoral « pour ne pas tuer la démocratie » et préserver l'Algérie de la « menace de théocratisation de l’État et de la société. » Il préside l'éphémère Mouvement pour la République (MPR) en 1994. Une année plus tard, il est candidat - face à Zeroual, Nahnah et Boukrouh - aux premières présidentielles pluralistes de l'histoire contemporaine de l'Algérie et se classe troisième.
SAADI Mohamed, est originaire des Ouadhias, une grosse bourgade des montagnes de Grandes Kabylie. Fondateur de la première chaîne de télévision Berbère Radio Télévision (BRTV), seul chemine berbère du paysage audiovisuel français.
SAID LECHANI Mohand (DI Muhand), naît en 1893 à Ait-Halli, dans l'actuelle commune d'Irdjen en Kabylie.Il est diplômé en langues berbères à l'Institut des hautes études de Rabat en 1919 et lettres à la Faculté d'Alger en 1948. Ses écrits et réflexions s'inscrivent dans le cadre du mouvement d'éveil et de sauvegarde de l'identité et de la culture berbères, entamé au début du XXe siècle par une poignée de lettrés Kabyles. En 1922, il co-fonde la revue La Voix des humbles, périodique socio-éducatif des instituteurs d'origine algérienne, qui revendiquent l'égalité des Droits civiques et sociaux, puis participe à la naissance du journal anti-colonialiste de la Gauche algéroise Alger républicain en 1938 dans lequel Albert Camus fit ses premiers pas de journaliste. À partir de 1945, il représente la Kabylie au Conseil général d'Alger, à l'Assemblée financière et à la Commission supérieure des réformes musulmanes. Rentré au pays à l'Indépendance, il se retire définitivement de la vie politique et se consacre à des activités intellectuelles et littéraires. Il meurt le 25 mai 1985 à son domicile d'Alger.
TAHAR Metref est un musicien s'inspirant de la musique amazigh antique. Il crée en 1995 l'association culturelle des Berbères de Kabylie-ACBK. Les amis du chant berbère de Kabylie sont composés de Tahar Metref à la guitare, de Yamina, sa femme, au chant, ainsi que d'autres musiciens. YACINE Tassadit anthropologue, spécialiste de Monde Berbère. Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et membre du laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Elle dirige également la revue d'études berbères Awal (« La parole ») fondée en 1985 à Paris avec l'anthropologue algérien Mouloud Mammeri et le soutien du sociologue Pierre Bourdieu. Parmi ses publications : 1988 L’Izli ou l’amour chanté en kabyle, Préface de Pierre Bourdieu, Paris, MSH. 1993 Les Voleurs de feu. Éléments d’une anthropologie sociale et culturelle de l’Algérie, Paris, La Découverte. 2001 Chacal ou la ruse des dominés. Aux origines du malaise des intellectuels algériens, Paris, La Découverte, 2006, Si tu m'aimes guéris-moi, Paris, MSH. 2010, Le retour de Jugurtha, colonisation et domination, Alger.
YACINE Kateb, est un écrivain algérien issu d’une famille berbère Chaoui. Né le 2 août 1929 à Condé Smendou, aujourd’hui Zighoud Youcef (Constantine), et mort à Grenoble le 28 octobre 1989. Après l’indépendance, se refusant à écrire en français, il commence à travailler à l’élaboration d’un théâtre épique et satirique. Dés le départ, la langue utilisée dans ses pièces est l’arabe maghrébin, langue vernaculaire a fort substrat amazigh. Instruit dans la langue du colonisateur, Kateb considérait la langue française comme le « butin de guerre » des Algériens. Devenu trilingue, Kateb a également écrit et supervisé la traduction de ses textes en berbère. Son oeuvre traduit la quête d’identité d’un pays aux multiples culture et les aspirations d’un peuple.
Lybie
AL KHALIFA Fathi est neé à Zouara. Après des études d’ingénieur en Russie, il rentre en 1991 en Libye. Ayant une activité militante qui le met en danger, il décide de s’exiler au Maroc. Il y crée une entreprise d’import-export, en continuant de défendre la cause amazighe au sein d’ONG et d’institutions internationales. Il critique le régime de Mouammar Kadhafi qui opprime la population amazighe, et en 2008, le gouvernement libyen exige son extradition. Ben Khalifa se tourne alors vers l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et obtient en 2009 le statut de réfugié politique aux Pays-Bas. Harcelé, il est placé sous protection spéciale. Lors de la révolution, il s’engage un temps au Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion libyenne. Il réclame « la reconnaissance officielle de l’existence, de la langue et de la culture du peuple berbère dans la Constitution ». Pour Ben Khalifa, la langue amazighe « doit devenir une langue officielle en Libye », comme c’est le cas au Maroc depuis juillet 2011. « Nous n’accepterons jamais une citoyenneté de seconde classe », ajoute-t-il, rappelant que « la communauté amazighe a donné le sang de ses jeunes pour cette révolution ».
Tunisie
KORBI Wassim est né à Kelibia. Il est maitre assistant au ministère de l’Enseignement Supérieur, ayant obtenu son doctorat en audiovisuel et cinéma en Mars 2013. Il est membre du jury à plusieurs festivals tels que : Mannheim Heidelberg Allemagne 2011, festival Fribourg Suisse 2013, Festival Ifrane Azrou Maroc 2013, Festival de Dubai 2013. Il a collaboré à l’élaboration de plusieurs ouvrages sur le cinéma Maghrébin, et a participé avec son premier court métrage «Les fleurs de Tiwilit» à plusieurs festivals tels que : Short corner Festival de Cannes, Seattle USA, Detmold Allemagne, Genève et Lausanne en Suisse, Bulgarie, Festival d’Oran… Il a obtenu plusieurs prix tels que : le 1er prix au journées de cinéma Européen à Tunis, festival Maghrébin de Oujda et festival du monde Arabe à Ifrane au Maroc.
Iles Canaries
CUBILLO Antonio est né le 3 juin 1930 à San Cristobal de La Laguna et mort le 10 décembre 2012 à Santa Cruz de Tenerife. Il est le fondateur du Movimiento por la Autodeterminación e Independencia del Archipiélago Canario- MPAIAC (Mouvement pour la Résistance et l'Indépendance aux Iles Canaries) en 1963. Ce mouvement politique est basé à Alger et commence une campagne militante contre la domination espagnole dans les années 1970, avec le soutien de l'Algérie, puis plus tard de l'OUA (Organisation de l'Union Africaine). Le succès politique d'Antonio Cubillo lui permet de mener les Iles Canaries devant l'ONU en 1978. À la veille du voyage à New York pour l'ONU, le 5 avril 1978, il est victime d'une tentative d'assassinat lié aux forces de sécurité du ministère espagnol de l'Intérieur. Poignardé, il restera en partie paralysé. Après la dissolution du groupe en 1982 (à la suite de la création de la Communauté autonome des îles Canaries), il obtient un pardon royal et retourne en Espagne. Il a également fondé en 1985, le « Congrès national des Canaries ».